Extraits choisis
I. L'Aïeul trouvé dans la forêt
Il y a longtemps, peut-être au temps du roi Danke, peut-être de son père, deux chasseurs de Bandoumkassa partirent en forêt. Au cœur de la forêt, dans une clairière qu'aucun homme n'avait jamais aménagée, ils virent un enfant. Un nouveau-né. Posé là, comme si la terre venait de le déposer. Mais cet enfant n'était pas un enfant ordinaire. Une aura puissante l'entourait, si dense qu'ils ne purent en approcher. — Livre I
II. Première loi du Takunga
Si tu entres en sorcellerie, tu ne pourras tuer personne d'autre que toi-même. — Livre II
III. La scène fondatrice de Kolla
Et c'est en courant vers elle que j'entendis. J'entendis mon père qui disait à mon grand-père, à son propre père : « Je ne t'ai pas donné mon fils pour que tu l'utilises pour me mépriser. » Et j'entendis mon grand-père répondre, calmement, sans crier, sans céder : « Je te l'ai déjà dit. Si je ne suis plus là, c'est lui mon successeur. Et pas toi. » — Livre V
IV. Docteur Ibrahim
Je ne sais pas comment te le dire, mais celui qui est avec toi, ton Aïeul, est un Dieu. Je peux le voir à travers toi, il est avec toi. Comment t'expliquer ? Il est au ciel et je vois une couronne blanche autour de sa tête, comme ce qu'on représente en montrant Jésus ou les anges. — Livre IV
V. Le lieu sacré, 27 juillet 2024
Avant de parler, elle accomplit le geste qui ouvre la porte des Aïeux : elle versa les jujubes. Elle me tint la main. Et elle dit : « Voici celui-là même que vous avez choisi. » Et après cela, comme libérée d'un poids qu'elle avait porté toute sa vie, elle ajouta : « Vous pouvez me prendre désormais. Je suis prête. J'ai dit la vérité. » — Livre VII
VI. Universalisme tranquille
L'Aïeul que voit Docteur Ibrahim sous la forme d'une couronne blanche au ciel, Celui que sert Frère Arnaud sous le nom du Christ, et le Nsi que mes grands-parents ont servi — ont un seul point dénominateur commun : Dieu, le bien, le vrai, le juste. — Livre X
VII. Épilogue
La pierre est encore là. Ceux qui voudront la voir la verront. Ceux qui voudront, en pensée, en mesurer le poids, le mesureront. La pierre n'a besoin ni de croyants ni de sceptiques. Elle est. — Épilogue